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Le coursier
Parties 1 - 2
QG du JAG, Washington
Un coursier arrive dans les bureaux du JAG et avise une jeune femme blonde.
C Excusez-moi ! Où pourrai-je trouver Sarah Mackenzie ?
Après avoir été renseigné, le coursier s’avance vers une jeune femme avec un
uniforme kaki.
C Sarah Mackenzie ?
Mac Oui ?
C J’ai des colis à vous délivrer.
Le coursier lui remet trois paquets numérotés, lui fait signer le bordereau et
s’éloigne en lui recommandant de les ouvrir dans l’ordre des numéros.
Mac Très bien. Merci.
Elle prend le premier paquet. En déchirant le papier, un morceau de dentelle
noire tombe au sol et est ramassé par le Lt Harriet Sims qui s’approchait de sa
supérieure pour satisfaire sa curiosité. Au même moment, Mac prend la carte et
commence à lire à voix basse.
Mac « Tu as oublié un petit quelque chose dans ma voiture…Tu me manques déjà. Je
t’aime. F »
Hr Madame, je crois que ceci vous appartient !
Elle tient à la main le morceau de tissus tombé au sol, et qui s’avère être un
string de dentelle noire. Mac prend alors une couleur rouge vif, en un temps
record, escamote le sous-vêtement et se rue vers son bureau, sous les regards
moqueurs de ses collègues.
Sans prendre la peine de fermer sa porte, elle agrippe son téléphone et compose
un numéro qu’elle connaît visiblement par cœur.
Mac, en hurlant Mais qu’est-ce qu’il t’a pris de m’envoyer çà par coursier ? Tu
ne pouvais pas attendre de rentrer pour me le rendre ?
Mac Comment ça « me faire plaisir » ? J’ai ouvert le paquet devant tous mes
collègues, et tout le monde a pu avoir un aperçu de ce que je porte sous mes
uniformes.
Mac, en radoucissant sa voix Ce n’est pas drôle du tout.
Mac Le paquet n°2 ? Non, pas encore. Attends, je vais le chercher.
Elle sortit rapidement, rafla les deux paquets restants, et retourna à son
bureau tout aussi vite. Dans sa hâte, elle ne prit toujours pas le temps de
refermer sa porte, permettant ainsi au staff du JAG de continuer à écouter cette
conversation qui n’allait pas manquer d’être le sujet des ragots pendant un bon
moment.
Mac Voilà, je l’ai.
Mac Minute, je l’ouvre. Ce que tu peux être impatient…
Mac Oh, elle est magnifique. Tu seras peut être pardonné d’ici ton retour.
Elle venait de sortir d’une longue boîte rectangulaire, une rose rouge carmin.
Rosissant de plaisir, elle poursuit sa conversation.
Mac J’ouvre le n°3…
A la vue du contenu de la boîte, elle pousse un hoquet de surprise et se couvre
la bouche.
Mac Elle est ...
Mac La carte ? Ah oui bien sûr…
« Sarah, cette bague est un héritage de ma famille. Ma mère l’a portée, ma
grand-mère l’a portée depuis leurs fiançailles jusqu’à l’arrivée de la fiancée
de la génération suivante. Tu es la génération suivante. Souhaite-tu faire
partie des femmes portant cette bague ? Je t’aime. F »
Mac Ce que je viens de lire… c’est bien une demande en mariage ?
Mac Très bien, alors je vais attendre ton retour pour me la passer au doigt.
Mac Oui, c’est bien un oui.
Mac Je t’aime moi aussi.
Sortant de son bureau après quelques minutes, Mac se dirigea vers la salle de
repos du staff sous le regard de l’ensemble de ses collègues. Le regard rêveur,
elle joue avec une petite bague en argent, au centre une petite pierre noire,
qu’elle a passée sur sa chaîne, avec ses plaques d’identification. Elle repasse
quelques minutes plus tard, le regard toujours aussi rêveur, une tasse de café à
la main. Elle ne fait pas attention aux nombreux murmures qui s’élèvent à son
passage.
Une bonne partie du staff féminin du JAG se rassemble, moins que plus,
discrètement possible dans la salle de repos, autour d’une Harriet fébrile.
Hr Ô Seigneur, elle vient bien de se faire demander en mariage ? Je ne l’ai pas
rêvée ?
F1 Je crois que l’on a toutes entendues la même chose. En tout cas c’est une
demande atypique.
F2 Oui, atypique est bien le mot. Renvoyez des sous-vêtements par coursier pour
introduire une demande en mariage, c’est original. Même si je n’aurai pas
vraiment apprécié que tout le monde voit mes dessous.
Hr Je crois que c’était pas prévu qu’elle ouvre le paquet devant nous. Je crois
qu’elle a manquée de chance. Quoique ses dessous ne soient plutôt pas mal, ce
n’est pas le genre de qualité qu’on trouve au supermarché.
Hr Au fait, vous l’avez déjà vu son mystérieux fiancé ? En tout cas, il n’est
jamais venu avec le colonel lorsqu’elle venait voir AJ Jr à la maison.
F1 En fait j’ai remarqué que depuis pas mal de temps déjà, elle reçoit pas mal
d’appels personnels.
F2 Oui, et elle sourit presque tout le temps. Je l’ai même surprise à chantonner
dans la salle des archives.
Hr En tout cas, ça n’a pas l’air de déranger le commander Rabb. Lui aussi reçoit
pas mal d’appels personnels.
F2 Vous croyez qu’il n’y a qu’une grande amitié entre ces deux là ? On se serait
trompé ? Ou alors ils sont passés tout les deux à autre chose à cause du
règlement ?
Hr Peut-être. C’est dommage, je trouvais qu’ils allaient si bien ensemble.
F1 Et ces regards qu’ils se jettent….
Toutes les femmes soupirèrent en chœur.
L’arrivée de l’amiral Chegwidden fit se dispersée les femmes, sauf le Lt Sims
qui se hasarda à questionner son supérieur.
Hr Monsieur ? Je crois que le colonel vient de se fiancée. C’est une surprise
n’est-ce pas ?
Ch Hum… Oui -un petit sourire au coin des lèvres- Le colonel peut être très
discrète sur sa vie privée lorsqu’elle le veut.
Sur cette phrase, l’amiral rejoignit son bureau en croquant son donut.
Quelques jours plus tard, 6h45, aéroport
Un bel homme plutôt grand passe la porte des arrivées après un vol exténuant. Il
regarde la foule et voit une jeune femme en uniforme des Marines. Elle lui fait
signe, un sourire immense sur les lèvres. Il s’approche d’elle, pose son sac à
ses pieds. Pendant qu’il l’embrasse, il lui détache sa chaîne, récupère la
bague, puis rattache la chaîne.
L’homme se détache de la femme, la regarde dans les yeux, s’agenouille. Un
silence fait de murmures les entoure mais ils n’y font pas attention. Sans un
mot, les yeux dans les yeux, il lui passe la bague au doigt. Elle s’agenouille à
son tour, et lui saute littéralement dans les bras, sous les applaudissements
des autres passagers.
Même jour, 11h, QG du JAG, Washington
Le Lt Sims voit se diriger le Lt Colonel Mackenzie vers le bureau de l’amiral,
la démarche anormalement sautillante, comme si elle se retenait de danser. Son
sourire est si éclatant qu’il pourrait remplacer une centrale électrique. Un
éclat brillant attire le regard du Lt, et aperçoit la bague reçut quelques jours
plutôt orner la main gauche de la jeune femme.
Hr, pensée C’est donc ça… Le mystérieux fiancé est rentré et lui a passé la
bague au doigt. Elle est tout simplement heureuse.
Une demi-heure plus tard, Mac repasse devant Harriet en se dirigeant vers son
bureau. Elle est en pleine communication sur son téléphone portable.
Mac Je sais que tu viens seulement de rentrer… Moi aussi tu m’as manqué. Mais
c’est un ordre… Non, je serai parti tout au plus une semaine. Et puis, ce n’est
pas comme ci je partais sur un porte avion, tu sais tout ces mâles en manque qui
n’ont pas vu de femmes depuis des mois… Ah, ah, ah… T’inquiète pas, je sais me
défendre, et puis je ne part pas seule, Bud va m’accompagner… Eh, tu sais quoi,
passe chez moi, l’amiral m’a donné mon après-midi pour préparer mes affaires, et
mon vol n’est que tard ce soir… Oh, je pensais fêter dignement nos fiançailles
en privé mais si tu préfère te… A tout de suite, je t’aime.
Elle s’arrête vers Harriet, avec un sourire
Mac Harriet, je vous emprunte quelques jours votre mari. Dès qu’il sort du
tribunal, l’amiral lui expliquera le dossier. Pourrez-vous donner au Commander
Rabb, les dossiers qui sont sur mon bureau. J’ai mis un post-it à son nom sur la
pile. Il ne doit pas tarder à rentrer de ses quotas.
Hr Bien sûr Madame. Et si je peux me permettre Madame, félicitation pour vos
fiançailles. La demande était très originale.
Mac, rougissante au souvenir. En effet, il a fait très fort cette fois pour
m’impressionner, même si j’aurai préférer que tout le personnel n’admire pas mes
dessous.
Hr, en rigolant. Oui, je crois que cette demande en mariage restera dans les
annales du JAG.
Mac Bon, je vais vous laisser. On se voit ce soir à l’aéroport, avec Bud ?
Hr Oui, Madame, on viendra avec AJ Jr aussi. Votre fiancé vous accompagnera t’il
?
Mac, avec un sourire en coin Je ne sais pas encore. A ce soir Harriet.
Elle sort de la salle sous le regard de frustration de sa collègue et amie. Le
Lt Sims est une jeune femme très amicale, mais sa curiosité n’a guère de limite,
surtout lorsqu’il s’agit du bonheur de ses amis.
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Deux semaines plus tard, Mac franchissait enfin à nouveau les portes du JAG.
L’enquête qu’elle menait sur la base de San Diego s’était radicalement
compliquée. Et une simple rumeur de fraternisation s’était transformée en un
trafic de papiers hygiéniques. Et aussi ridicule que soit la situation, le
responsable de la base avait tenu a mener les coupables devant la cour martiale
pour servir d’exemple à tous ces hommes. Même les appels réguliers et amusés de
son fiancé n’avaient pas suffi à refouler son exaspération face à une affaire
qu’elle aurait préféré régler à l’amiable. Mais un ordre est un ordre.
En voyant Harriet saluer tendrement son mari, elle ne put retenir un léger
ricanement. La jeune femme n’avait pas pu assouvir sa curiosité. Lorsqu’elle
avait pris un taxi pour se rendre à l’aéroport, elle avait laissé un homme
endormi dans son lit, un visage satisfait sur les lèvres. Ils avaient « fêté »
tout l’après-midi leurs fiançailles, et la fatigue de son voyage avait eu raison
de lui. Elle n’avait pas eu le cœur de le réveiller au moment de son départ. Et
elle savait que le pauvre Bud allait être soumis à la question dès le repas ce
midi, mais elle avait été, comme toujours, des plus discrètes lors de leurs
appels du soir.
La vie continue au JAG entre enquêtes, cours martiales, et… début de préparation
du mariage pour Mac. Harriet, malgré de nombreuses tentatives, ne connaît rien
du fiancé de son amie si ce n’est la lettre « F » qu’il a utilisé pour signé les
petites cartes qu’il lui fait envoyer avec des fleurs, le plus souvent des
roses. Et ce jusqu’à ce jour :
Tiner Lt Colonel, vous avez un appel de Franck Burnett, je vous l’envoie dans
votre bureau.
Mac, qui sortait du bureau de l’amiral Merci Tiner, ce sera parfait.
Harriet, qui venait lui apporter un dossier, entendit la fin de la conversation
:
Mac Non, il ne rentre que vendredi soir normalement, donc il ne pourra pas venir
vous chercher à l’aéroport. Et moi j’ai une cours martiale au même moment.
Mac Oui, mais j’ai peut être une solution. Vous pouvez venir me rejoindre au JAG,
et on rentrera ensemble. Si les conclusions durent trop longtemps, je vous
passerai les clés de l’appartement.
Mac Et puis, on passera devant la maison sur le chemin du retour.
Mac Alors on fait comme ça. Très bien, je vous embrasse. A demain.
Mac se retourne et sourit à Harriet
Hr Madame, voilà le dossier que vous m’avez demandé.
Mac Merci Harriet. Dites-moi, demain pourriez-vous me rendre un service ?
Hr Bien sûr Madame.
Mac Voilà, mes futurs beaux-parents arrivent demain en fin d’après-midi, et je
serai au tribunal toute la journée. Pourriez-vous les réceptionner et leur
montrer mon bureau ?
Hr Pas de problème Madame.
Mac Merci beaucoup Harriet, vous me sauvez vraiment la vie.
Le lendemain, fin d’après-midi, QG du JAG, Washington
L’amiral rentre de son rendez-vous auprès du SECNAV, en rogne contre ces ****
politiciens même pas fichus de faire leur boulot correctement et accusant les
autres de leurs **** d’erreurs. Il se dirige vers l’ascenseur lorsqu’il aperçoit
un couple de civils un peu perdus, remettant leurs valises aux plantons.
Ch Mr et Mme Burnett ?
Fr Oui ?
Ch en leur serrant la main chacun leur tour Bonjour, je suis l’amiral Chegwidden,
vous êtes venus voir…
Tr Sarah, euh… le Lt Colonel Mackenzie.
Ch Oui, j’ai dû envoyer le Commander dans le Pacifique pour les besoins d’une
enquête, il devrait rentrer en principe vendredi dans la soirée.
Fr Oui, Sarah nous a prévenus, nous sommes venus l’attendre.
Ch Suivez-moi je vais vous accompagnez. Au fait, ne prononcez pas le nom du
Commander, ils n’ont pas encore annoncé leurs fiançailles aux collègues.
Tr Pourquoi çà ?
Ch C’est pour le SECNAV, tant qu’ils sont tous les deux sous mon commandement,
ils risquent en principe la cour martiale pour fraternisation. Mais comme le
SECNAV et moi-même sommes tous les deux parfaitement au courant de leur
situation, c’est surtout pour éviter les malveillances.
Ch, sur le ton de la confidence Et puis, c’est marrant d’écouter les bruits qui
courent sur le mystérieux fiancé du Lt Colonel.
Fr, Tr, avec un sourire rassuré et de connivence Très bien, on ne révèlera rien.
Tr Mais ça doit être dur pour eux de se taire face à leurs amis, vous les auriez
vu il y a deux mois, lorsqu’ils sont passés à la maison. Deux vrais collégiens.
Le moindre de leurs regards expriment tant d’amour. C’est dur de penser que
personne ne s’en doute.
Ch Ce sont tous les deux mes meilleurs avocats, ce sont des acteurs nés.
D’ailleurs si ça vous tente, je peux vous faire entrer dans la salle du
tribunal, pour voir votre future belle-fille en action.
Ainsi fût décider, et l’amiral en repartant vers son bureau, prévint le Lt Sims
qu’il s’était déjà occuper d’accueillir les invités du colonel. Celle-ci laissa
échapper un faible « Zut » qui fit rire l’amiral.
Une heure et demi plus tard, la jeune femme vit sortir du tribunal le Lt Colonel
et ses futurs beaux-parents qui la félicitaient pour sa victoire. Tout en se
dirigeant vers son bureau, Mac leur faisaient le tour des locaux. Elle les
présentât à Harriet et Bud, les laissa seuls quelques instants le temps de
prendre ses affaires. Ils partirent tous ensemble vers le parking, après avoir
récupérer les valises.
Ce n’est que dans sa voiture, qu’Harriet remarqua que le Lt Colonel conduisait
le VSU du capitaine.
Hr Bud, tu crois que… ?
Bud Que ?
Hr Que le fiancé du Lt Colonel serait le Commander Rabb ?
Bud Le Commander ? Nan, il a dû lui prêter sa voiture quand elle lui a demandé.
Hr Bud ! Le Commander est en mer, comment elle lui aurait demandé ?
Bud Je ne sais pas. On verra bien, pour l’instant tu n’as aucune preuve.
Hr O Bud, tu as fini le boulot aujourd’hui, tu arrête ton charabia d’avocat.
Bien que… tu as raison, je vais mener mon enquête… Après tout, je travail moi
aussi au JAG.
Le lendemain, début de matinée
Harriet vit Mac dans la salle de repos, et se dirigea vers elle.
Hr Bonjour Madame, comment allez-vous ?
Mac Un peu barbouillé mais ça va passer j’espère. Et vous ? Et le petit AJ ?
Hr Bien, même très bien. AJ, il court partout, une vraie pile électrique, alors
faut le surveiller constamment.
Mac Oui, ça peut être dangereux.
Hr Et avec vos beaux-parents, la cohabitation se passe bien ?
Mac Ils sont adorables, je découvre le plaisir d’avoir des parents aimants.
A ce moment, Mac blanchie d’un seul coup et se précipita vers les toilettes le
plus vite possible. Harriet la suivit et la découvrit accroupit au dessus des
toilettes.
Hr Ca va aller Madame ?
Mac Oui, arg.… je déteste ça.
En voulant se redresser, Mac s’affalât sur le sol, et s’évanouit. Elle reprit
conscience rapidement et refusa d’aller à Bethesda lorsque l’ambulance appelée
par Harriet arriva. Après prise de tension, du sucre avalé, et une promesse de
se rendre à l’hôpital à l’heure du déjeuner, Mac pût reprendre son travail.
Le Lt Colonel ne revint pas travailler après son rendez-vous à Bethesda. Elle
appela l’amiral après avoir reçu les résultats de ses analyses et profita du
fait que la plupart de ses affaires étaient presque toutes bouclées et que l’on
était vendredi pour demander son après-midi.
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Le lundi matin, dès son arrivée, l’amiral demanda à voir le colonel et le
capitaine. Ceux-ci se présentèrent quelques minutes plus tard.
Ch Bonjour Lt Colonel, Commander. Tout d’abord Lt Colonel est-ce que vous allez
mieux ?
Mac Oui, merci Monsieur. Un méchant virus, et un peu de fatigue, mais rien qu’un
peu de repos ne puisse vaincre.
Ch Heureux de vous l’entendre dire. Bon, venons-en à ce qui nous concerne. Lt
Colonel, Commander, votre situation personnelle va être débloquée. Je sais que
ça fait longtemps que vous attendez ça, mais tout vient à point à qui sait
attendre.
Mac et Harm se regardèrent avec une pointe d’angoisse et beaucoup d’espoir dans
les yeux.
Ch Bien. Le SECNAC et moi-même sommes très fiers de la discrétion que vous avez
fait preuve depuis que vous nous avez annoncé votre relation. Et nous pensons
avoir trouvés une solution qui satisferait toutes les parties. Le colonel
Gestram a décidé de prendre sa retraite, il laisse donc derrière lui une place
de juge. Dans un premier temps, le poste serait à mi-temps, puis à temps
complet.
H Euh… Pour lequel d’entre nous Monsieur ? Parce que moi, être juge… le dernier
essai ne m’as pas vraiment conquis.
Ch Justement Commander, j’en suis conscient. C’est au Lt Colonel que le SECNAV
propose le poste.
H Ouf…
Mac Ouah !
Ch De plus, ce poste se voit accompagner d’une promotion au grade de Colonel,
qui prend effet dès maintenant.
Mac Ouah ! Ouah ! Eh, tu va devoir me saluer maintenant.
H Je suis déjà au garde à vous devant toi Sarah !
Ch Rabb, gardez vos remarques graveleuses pour la maison. Et félicitation
Colonel.
Mac Merci Monsieur. Monsieur, une question. Pour notre situation personnelle,
peut-on en informer nos amis, ou on doit encore attendre que je sois nommée ?
Ch Je pense que l’on va juste annoncer votre promotion, et puis ne dîtes rien
pour le moment, mais ne vous cachez plus. Mais dans la limite de la décence.
Bien, nous ferons l’annonce dans quelques minutes, j’ai quelques appels à
passer.
Comprenant leur congé, Harm et Mac se mirent au garde-à-vous.
H, Mac A vos ordres.
Une heure plus tard, l’annonce de la promotion du Colonel faisait les gorges
chaudes du JAG, mais le plus étonnant était le léger changement de comportement
entre cette dernière et le Commander Rabb : ils se tutoyaient. Et c’est d’une
remarque de Mac, qui n’était pas passé inaperçu aux oreilles d’Harriet, que les
rumeurs devinrent des soupçons, quelque chose avait changé entre ces deux là.
FLASHBACK
Ch Je tiens à vous informer que le Lt Colonel Mackenzie s’est vue offrir le
poste du colonel Gestram, en tant que juge, et qu’elle a accepté. Jusqu’à la
mise à jour des ses dossiers en cours, le Lt Colonel restera avec nous à
mi-temps, puis prendra ses fonctions à temps complet. Ce nouveau poste se voit
accompagner d’une promotion au grade de Colonel, avec effet immédiat.
Sarah se met au garde-à-vous, pendant que l’amiral lui change ses galons.
Ch Félicitation Colonel. Désirez-vous dire quelques mots ?
Mac Oui, merci Monsieur. Mes très chers collègues et amis, sachez donc qu’avec
ce nouveau poste, je ne compte pas vous faire de cadeaux. Se tournant vers Harm.
Et encore moins à toi, rappelles toi que je connais tout tes trucs, et je ne
veux pas de fusillades dans mon tribunal.
H Et tu va me le ressortir encore souvent ce petit incident ?
Mac Maintenant plus que jamais, et à chaque fois que tu mettras les pieds dans
mon tribunal. Et si tu veux bien m’excusez, je dois encore te mettre la pâtée
une dernière fois avant que je sois juge.
Elle se retira dignement vers son bureau, Harm lui tirant la langue dans son
dos.
Mac Je t’ai vu Harm…
FIN DU FLASHBACK
Le soir même, dans leur voiture.
Hr Tu vois bien maintenant, il y a quelque chose entre eux. Ils se tutoient.
Bud Oui, je l’ai remarqué aussi. Mais s’il y avait quelque chose à nous
annoncer, ils le feraient. Ce sont nos amis, tu dois leur faire confiance.
Hr Mais je leur fait confiance. Je veux juste qu’ils aillent dans la bonne
direction.
Bud Plutôt dans celle que toi tu veux, non ?
Hr C’est dans leur intérêt que je veux savoir.
Bud Hum, hum.
Hr Oh, j’ai une idée. Je vais les inviter tous les deux à venir voir AJ Jr. On
verra comme ça comment ils se comportent dans le privé.
Bud Fait comme tu veux, ma chérie.
Hr Mais j’y compte bien.
Le samedi matin, 9h50, devant l’appartement des Roberts.
Mac On est en retard. Un jour il va falloir que tu m’explique comment tu fais
pour être systématiquement en retard. Parce que là ça dépasse mon entendement.
Heureusement que tes parents sont repartis hier, sinon ils n’auraient jamais eu
leur vol avec toi pour les emmener à l’aéroport.
H Oh, arrête de bougonner, on a que cinq minutes de retard. Ce n’est pas….
La porte de l’appartement s’ouvre et une petite boule d’énergie blonde leur
saute dessus.
AJ Jr Parrain, Marraine. Je savais que c’était vous alors j’ai ouvert pour vous
dire bonjour le premier.
Hr Bonjour Monsieur, Madame. AJ, je t’ai pourtant déjà répété de ne pas ouvrir
la porte quand tu ne sais pas qui est derrière.
AJ Jr Mais je savais qui s’était. Marraine, elle se disputait avec parrain parce
qu’ils étaient en retard.
Mac AJ, mon poussin, ta mère a raison. Tu dois demander « qui c’est ? » avant
d’ouvrir. Et même si tu connais, le mieux c’est encore d’aller chercher ta mère
pour lui dire qui est là. C’est plus prudent comme ça.
AJ Jr Mais… Bon d’accord.
Alors qu’Harriet les faisaient entrer, AJ Jr les supplia de l’emmener au zoo. Et
une heure plus tard, armés de sac à dos contenant un piquenique préparé
rapidement, quatre adultes et un jeune garçon se promenaient dans les allées
d’un zoo.
Laissant courir les hommes devant avec AJ Jr qui s’exclamait joyeusement à
chaque nouvel animal découvert, perché sur les épaules de son parrain, les deux
femmes discutaient tranquillement à l’arrière.
Hr Alors Madame…
Mac Harriet, appelez moi Mac, ou Sarah, s’il vous plaît, nous ne sommes pas en
uniforme. Sinon je vous donne des ordres toute la journée.
Hr Très bien Mac. Je voulais savoir où en étaient vos préparatifs de mariage.
Mac En parlant de ça, voudriez vous partager le rôle de demoiselle d’honneur
avec Chloé ?
Hr J’en serai enchantée. Mais quand aura-t-il lieux ?
Mac Nous n’avons pas encore fixé de date. Mais je pense que ce sera à la fin du
printemps, fin mai début juin. On compte se marier en Pennsylvanie, sur les
terres de sa grand-mère.
Hr Je suis sûr que ce sera magnifique. Et votre robe, vous l’avez déjà choisie ?
Mac Malheureusement, je n’ai rien vu qui me plaisait vraiment. Et puis, avec les
travaux dans la maison, je n’ai pas vraiment eu le temps de courir après la robe
idéale. Mais j’ai encore le temps. Les hommes ont vraiment de la chance, ils
n’ont pas de problème de choix, la plupart seront en uniforme de cérémonie.
Hr Alors votre fiancé est dans l’armée Mad… Mac ?
Mac Oui, et vous n’avez toujours pas deviné qui c’est ? Vous vous relâchez
Harriet.
Hr Je sais, je sais. La maternité me ramollit, je crois. Avant AJ, j’aurai
découvert votre secret en un tour de main, mais comme je travaille à mi-temps,
je dois faire appel à Bud pour savoir les nouveautés. Et il n’est pas toujours
très observateur.
Les deux femmes éclatèrent de rire, alors qu’AJ revenait en courant, pour leur
dire qu’il avait faim.
Hr Alors vous ne voulez pas me dire qui c’est ?
Mac Non, où serait le fun sinon ? Je vous laisse jusqu’à la réception de
l’invitation pour trouver. De toute façon, je ne peux pas laisser le nom du
marié en blanc sur le carton, on croirait à une blague.
Hr Mais vous n’allez pas le caché, je veux dire, faire exprès, donner des noms
de codes, etc.…
Mac Où allez-vous chercher tout ça ? Non, je vous le promets. Je vivrai ma vie
normalement, la seule chose que je ne vous dirai pas c’est son nom. Mais pas de
proposition non étayée par des preuves, pas de vagues soupçons ou de ouïe dire.
On est d’accord ?
Hr On est d’accord. Dites voir, on pourrait appuyer le jeu d’un petit pari ?
Mac Vous êtes bien sûr de vous, Harriet. Dites toujours l’enjeu.
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Sur le chemin du retour, voiture de Harm et Mac.
Mac Je sens que les prochains jours vont être intéressants. J’ai fait un pari
avec Harriet cet après-midi.
H Ah ? Devrai-je être inquiet ?
Mac Non, mais moi, oui. J’ai mis le renard dans le poulailler. J’ai parié à
Harriet qu’elle ne saurait pas le nom de mon mystérieux fiancé avant la
réception des invitations au mariage.
H Effectivement, tu a de quoi être inquiète. Jusque là elle était discrète, mais
si tu lui donnes l’autorisation de creuser, elle ne va pas se gêner.
Mac Je sais bien, en plus, j’ai laissé échapper que tu étais dans l’armée. Et
qu’on allait se marier chez ta grand-mère en Pennsylvanie.
H Il lui reste plus qu’à éplucher la liste du personnel militaire américain, et
je paris qu’elle va commencer par le JAG. J’espère que l’enjeu n’est pas trop
lourd.
Mac Ne t’inquiète pas, je ne vais pas me dérober si je perds. Je suis un Marines
après tout. Les Marines ne fuient jamais.
H Non, ils se mettent à couvert.
Mac Harm ?
H Oui ?
Mac Tait toi et conduit.
H Moi aussi je t’aime.
Deux semaines plus tard, JAG.
L’amiral avait fait rassembler tout son personnel pour une annonce, le
remplaçant du colonel était enfin arrivé.
Ch Mesdames, Messieurs, je tiens à vous présenter votre nouveau collègue : le
Commander Turner. J’espère que vous lui ferez bon accueil. Quelques mots pour
vous présentez Capitaine ?
ST Bonjour, je m’appelle Sturgis Turner, et je suis, ou j’étais sous-marinier.
J’espère que nous ferons du bon travail tous ensembles.
Ch Bien, comme la journée est presque finie, je vous laisse faire plus ample
connaissance, et on vous mettra dans le bain demain matin. Bienvenue à bord
Commander.
ST Merci Monsieur.
Et là, comme à l’école primaire, une bonne partie du personnel se rassembla
autour du nouveau venu pour l’interroger. C’est le moment que choisirent Harm et
Mac pour arriver dans la salle, sortant du tribunal, où Mac avait gagné haut la
main sa dernière affaire. Harm ne décolérait pas, arguant que le verdict était
injuste.
ST Harm ? Harmon Rabb Jr, oui c’est bien toi. Ah bah ça, je ne m’y attendais pas
du tout.
H Sturgis ? Ouah, ça fait une éternité que je ne t’avais pas vu ? Qu’est-ce que
tu deviens ?
ST Et bien je suis avocat, je viens d’être muté ici. Et toi ?
H Je suis avocat ici depuis quelques années. Donc c’est toi qui remplace Mac.
Mac Colonel Mackenzie, enchantée. Voilà donc mon remplaçant. Se tournant vers
Harm- Et toi qui voulait une belle jeune femme avec de jolie jambe comme
partenaire.
H Bah, dans mes souvenirs, tes jambes n’étaient pas si mal Sturgis, tu crois que
tu pourrais te mettre en jupe de temps en temps ? Par contre à l’académie tu
avais du poil aux jambes, tu pourras régler le problème ?
ST Euh ? Tu es sûr que ça va, Harm ? Je ne te connaissais pas ce genre de
tendance à l’académie. Devrai-je faire attention à mes six heures ?
Mac Non, ne vous inquiétez pas de ça, à moins que le choc d’avoir perdu ce
procès contre moi l’ai dégoûté à jamais des femmes, et là je ne promets rien.
H lui soufflant à l’oreille Tu va voir ce soir, si ta victoire m’a dégoûté des
femmes. A haute voix Et tu sais ce qu’il dit l’Orangina rouge : « Vengeance »
Mac Mais j’y compte bien capitaine, j’y compte bien. En attendant, Commander
Turner, bienvenu à bord, et n’ayez pas peur, on n’est pas tous fous.
A ces mots, elle s’éloigna vers son bureau en riant, laissant deux hommes
consternés.
H Dis ça te tente de venir boire un verre à la maison ce soir, on parlera du bon
vieux temps ?
ST Ok, tu me donnes ton adresse ? Vers 19h30 ça irai ?
19H30, appartement de Harm
H Entre Sturgis, tu veux boire quelque chose ?
ST Il est pas mal cet appart’, tu vis seul ?
Une voix répondit à sa question.
Harm, Sturgis est ici ?
H Oui, il vient d’arriver.
Il n’y a plus de serviette propre dans la salle de bain, tu pourrais m’en
ramener une s’il te plaît ?
H Tout de suite.
Harm revient dans la pièce.
H Je crois que ça a répondu à ta question. Je vais bientôt me marier, d’ailleurs
c’est Keeter mon témoin.
ST Keeter ? Ca fait depuis l’académie que je ne l’ai pas vu lui aussi. Qu’est ce
qu’il devient ?
Ils furent à nouveau interrompus par l’arrivée d’une Mac fraîchement douchée.
Elle embrasse Harm, et sert la main de Sturgis.
Mac Bonsoir Commander.
ST Colonel ?
Mac Appelez moi Mac, s’il vous plaît. Je vous laisse entre hommes. Harm, je vais
chercher Chloé à l’aéroport, et ensuite on va manger, et si elle est d’attaque,
on se fera un ciné. Donc on devrait rentrer tard. Je t’appelle pour te dire dès
que j’en sais plus. Bonne soirée messieurs.
Une fois Mac sortit, Sturgis se tourne vers son ami.
ST Tu va te marier avec le colonel Mackenzie ? Mais et la fraternisation ? Et
c’est un marines. Comment ?
H Alors pour commencer, oui je me marie bien avec Sarah. Pour la fraternisation,
l’amiral et le SECNAV sont au courant pour nous depuis le début, et maintenant
qu’elle va être juge ce n’est plus un problème. Et pour les marines, bah on si
fait à la longue, et puis je suis tombé amoureux d’elle avec son caractère,
alors je ne vais pas le changer maintenant.
ST ouah, t’es sacrément mordu toi. Surtout si tu l’as demandé en mariage. En
tous cas félicitations.
H Merci, et en parlant de mariage. Sarah a parié avec le Lt Sims qu’elle ne
saurait pas le nom de son fiancé avant d’avoir reçu les invitations. Et elle m’a
fait promettre de ne pas l’aider, alors je ne te demande pas de le cacher, mais
juste de ne pas le crier sur tout les toits.
ST Pas de problème, et tu sais l’enjeu du pari.
H Non, mais ça doit être quelque chose de sympa, parce que Sarah a peur
qu’Harriet réussisse. Il ne reste que deux jours avant qu’on envoie les
invitations, et elle est sur des charbons ardents. Surtout que les indices
qu’Harriet commence à accumuler me désignent de plus en plus.
ST Et bien, je vois que l’on ne s’ennuie pas dans ce service, j’ai bien fait de
quitter les sous-marins.
La soirée dévie alors sur leurs souvenirs de l’académie.
Chez les Roberts, même soirée
Hr Voyons voir, je vais faire une liste de tous les indices, pour y voir plus
clair.
• Il fait partie de l’armée.
• Ils vont acheter une maison, donc il ne doit pas être basé très loin.
• Ça doit être un officier, sinon il y aurait eu du grabuge.
• La grand-mère habite la Pennsylvanie, elle possède des terres.
• « F », prénom, nom ou surnom.
• Il voyage beaucoup.
• Dans les comportements, tutoiement entre le colonel et le commander, regards
appuyés.
• Le colonel devient juge.
• Le colonel et le commander viennent nous voir avec une seule voiture.
• Ses beaux-parents doivent habités loin, puisqu’ils ont pris l’avion pour venir
ici. Franck Burnett
Hr J’ai tiré les vers du nez à Tiner pour avoir le nom du beau-père mais ça
valait le coup. Je vais lancer une recherche internet, on ne sait jamais.
Hr Oh, mais c’est intéressant tout ça. Pour une fois qu’être une fille de bonne
famille va me servir. Pour une fois que le who’s who que maman m’envoie tout les
ans ne va pas servir à faire du feu dans la cheminée.
Hr Je la tiens. Colonel vous êtes faites, c’est à mon tour de rigoler.
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Le lundi matin, à sa pause, Harriet rejoint Mac dans son nouveau bureau, elle
lui présente une page du who’s who. A sa lecture, Mac blanchit légèrement,
redresse la tête, regarde son amie, et avec fierté, elle déclare :
Mac Bravo Harriet, vous avez réussi. Et pour le pari, je ne me défilerai pas. Ça
fait très longtemps que je ne l’ai pas fait, mais je le ferai.
Hr Une question tout de même. « F » ?, c’est le seul élément qui reste sans
réponse.
Mac « F » c’est pour Flyboy, le SECNAV nous avait demandé d’être discret, alors
on signait de la première lettre de notre surnom, lorsqu’on devait s’envoyer
quelque chose, ou laisser un message personnel.
Lorsque son amie ressort de la pièce, elle regarde à nouveau le papier, prend
son téléphone.
Mac Harm, c’est moi, tu as une minute ?
Mac Tu savais que Franck avait une rubrique dans le who’s who ?
Mac Et bien mon cœur, tu es également dans cette rubrique. Tu fais donc par
association partie de la bonne société américaine.
Mac Tu ne me crois pas ? Je te le lie, Harriet viens juste de me le donner comme
preuve.
• Franck Burnett, grand industriel californien, marié à Patricia Rabb, dont il
est le second mari (officier de l’aéronaval, mort au combat pendant la guerre du
Vietnam), et beau-père de Harmon Rabb Jr (officier de l’aéronaval, ancien pilote
de chasse reconvertit en avocat), possède les entreprises…..
Mac Je crois qu’on va pouvoir venir avec qu’une seule voiture maintenant, on est
grillé.
Mac Moi aussi, je t’aime. A ce soir.
Quelques minutes plus tard, Harm voit passer Harriet, en sortant de son bureau,
il l’interpelle.
H Harriet, félicitations, vous nous avez démasqués. Vous l’avez fait trembler
vous savez, elle craint un peu l’enjeu.
Hr Merci Monsieur. Mais c’est plutôt à vous qu’on doit des félicitations, après
tout c’est vous qui allez vous marier.
H Merci. Vous devriez tous recevoir les invitations d’ici peu, on s’est
finalement décidé pour le 25 mai. Oh, j’y pense maintenant, voulez-vous venir
manger chez nous ce soir ? La maison n’est pas encore prête, alors ce sera dans
mon appartement.
Hr Nous en serions heureux Monsieur, je préviens Bud.
L’arrivée des invitations fît l’effet d’une bombe au sein du JAG. De nombreux
cœurs furent brisés, alors que d’autres sincèrement heureux vinrent féliciter le
jeune couple, qui bien que toujours discret, venait à présent au travail
ensemble, les mains enlacées. Au sein des juges, l’arrivée de Mac dans leur
cercle fût accueilli avec joie, ses précédents remplacements à ce poste avaient
laissés de bons souvenirs : elle tenait son tribunal d’une main de fer, et était
impartial devant toutes les situations, même lorsqu’elle avait devant elle son
fiancé, ou ses amis.
Les liens entre Mac et Harriet, s’étaient encore resserrés. A présent que Mac ne
travaillait plus directement avec elle, le jonglage entre les grades et les
prénoms ne posait plus de problème. Elles avaient préparer ensemble une bonne
partie du mariage, et elles s’étaient particulièrement amusées lors de la chasse
à la robe parfaite, ce qui leur avait pris deux mois, mais Mac était
particulièrement heureuse de sa trouvaille.
Et le jour de la cérémonie arriva. Mac et Harm se trouvaient depuis deux jours à
la ferme de Grams, avec Trish, Harriet, AJ Jr, et Chloé. Les quatre femmes
gèrent d’une main de maître le moindre détail, afin que les futurs époux n’aient
rien d’autres à se préoccuper que d’eux même.
Dans la chambre, Chloé et Harriet aidaient Mac à se préparer. Elle portait une
robe simple mais magnifique. Le haut était fait d’un bustier ivoire, brodé
d’entrelacs également ivoire, la jupe était fait du même tissus que le bustier,
mais ne comprenait pas de décoration. Elle descendait vers le sol en s’évasant
légèrement. Pour finaliser le tout, Sarah avait piquer des fleurs des champs
dans ses cheveux qu’elle avait rassemblés en un chignon simple d’où
s’échappaient quelques mèches.
Harm est là, devant l’autel, il est à la fois fébrile et calme. Il attend ce
moment depuis très longtemps, même s’il n’a pu formuler son souhait qu’il n’y a
que quelques mois. Mais c’était là, enfoui dans son cœur, parmi de nombreuses
peurs. Ils les avaient surmontés ensemble, à la fois les siennes et celles de
Sarah. D’abord en étant amis, et puis… l’amitié avait fait le pas à l’amour. Un
amour à la fois puissant et serein, dévastateur et apaisant. Il était prêt à
tout pour elle, comme elle pour lui.
Elle arrive au bout de l’allée. Elle est sublime. Son cœur rate un battement,
avant de redémarrer au quart de tour. Il n’arrive pas à le contrôler.
Inconsciemment il porte la main à son cœur. Ses yeux accrochent les siens, et
comme par magie, son cœur se calme. Il ne voit même pas l’amiral qui la mène à
lui, il n’y a qu’elle. Rien qu’elle. Et pour l’éternité seulement elle.
Quant elle touche son avant-bras, il sort enfin de sa torpeur, lui sourit, et se
tourne avec elle vers le pasteur. C’est enfin le moment des vœux.
H Sarah, j’avais préparé mes vœux, mais quand tu es apparu tout à l’heure j’ai
tout oublié. J’aurai dû les garder sur moi comme me l’avait conseillé Bud, mais
je ne trouvais pas ça très … cool ?... Alors, pour toi, et seulement pour toi,
je vais faire ce qui m’est si difficile de faire. Je vais laisser parler mon
cœur. Je ne peux pas te promettre que ça va être aussi construit que ce que
j’avais déjà écrit.
Sarah, je t’aime, et ça personne au monde ne pourra le changer. Quand tu es
apparu là au bout de cette allée, mon cœur a failli s’arrêter de battre, mais
quand nos regards ce sont accrochés, il est repartit. Tu a ce pouvoir sur moi,
tu commande à mon cœur, prend en soin s’il te plaît, tout comme je te promets
que je prendrai soin du tien. Je ne te promets pas qu’on ne se dispute pas,
sinon on s’ennuiera trop. Et puis avec nos deux caractères, comment faire
autrement. Alors si je dois te promettre qu’une seule chose, c’est de t’aimer à
jamais et de ne pas te faire souffrir sciemment si ça devait arriver.
Mac Et bien, pour des vœux improvisés tu ne te débrouille pas trop mal, c’est
même plutôt, comme tu l’as dit, cool. Avec tout ça, les miens me paraissent bien
fades, alors je vais faire comme toi, improviser.
Harm, tu parle du pouvoir que j’ai sur ton cœur, mais quand est-il de ton
pouvoir sur le mien ? Tu m’as poussé à faire des choses par amour pour toi que
je n’aurai fait pour personne d’autre, aller en Russie avec toi en est une. Tu
m’as accepté pour qui je suis, une marines, une amie et une femme à part
entière. Alors rien que pour ça, je suis prête à aller encore plus loin pour
toi. A travers ce mariage, je t’offre mon âme, mon cœur et mon corps. Ils sont
touts à toi sans restriction. Je t’aime à jamais.
Le baiser qui suivit s’il n’avait pas été perturbé par les applaudissements des
invités aurait duré plus longtemps encore. Mais les acclamations les ramenèrent
à la réalité, et ils traversèrent ensemble l’allée qu’elle avait descendue
quelques minutes auparavant au bras de l’amiral. Ils étaient à présents Monsieur
et Madame Harmon Rabb Jr.
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Lors de la réception, alors qu’Harriet demande la parole, Mac regarde Harm et
lui murmure
Mac Rappelle moi de ne plus faire de paris avec Harriet, elle a trop bonne
mémoire.
Harm la regarde, et reporte son attention sur Harriet.
Hr Il est d’usage habituellement lors de la réception d’un mariage de parler des
mariés et de leur vie de couple. Hors dans le cas présent, jusqu’à réception des
invitations, la plupart d’entre nous ignorait que ces deux là formaient un
couple. Alors quand le colonel a reçu au JAG une demande en mariage par
coursier, on est tous tombé un peu des nues. Alors pour ma part, j’ai commencé à
chercher qui était le mystérieux fiancé. Cette démarche est venue aux oreilles
de Mac et elle a voulu jouer avec moi, elle ne me dirait pas qui était son
fiancé jusqu’à réception de l’invitation où le nom devait être indiquée. On en
est venu à un petit pari, rien de bien méchant. Alors Madame Rabb, puisque j’ai
réussi à deviner, in extremis certes, le nom de votre fiancé, allez vous nous
prouver que les marines tiennent toujours leurs engagements ?
Mac Semper Fi Harriet, Semper Fi. Bon, en premier lieu, je tiens à m’excuser des
erreurs, mais ça fait très longtemps que je n’ai pas fait cela. En tout cas, pas
en public.
Elle se dirige vers la petite estrade où se tient l’orchestre, elle chuchote
quelques mots à l’un des musiciens, et règle le micro.
Mac Harm, c’est pour toi. « This love, this heart », de Phil Collins.
This love, this heart, these arms to hold
So tight to you, I won’t let go
Can this be real, or just some dreams that feels so true
I wish you love, I wish you more
You are all that I live for
I’ll never hurt you believe me
My heart beats just for you
It only beats for you
I’ll keep the fire alight for you
Can’t think of nothing else, what can I do
This lonely heart of mine, it only beats for you
It only beats for you
You bring me peace, you make me smile
You give me strength and all the while
You ask for nothing, only love
And my heart beats just for you
It only beats for you
A ce moment, Harm vint la rejoindre, et ils finirent la chanson ensemble, les
yeux dans les yeux.
I’d say all these things to you
If you were here, but that’s not gonna be
Cos you’re not here at all
There’s only me
But I won’t stop trying
I won’t give up, I’ll wait for you
Til you come back, it’s all I can do
I’ll be right there, I’m going nowhere without you
Give me the chance, just make the call
Just say the words, I’m waiting for
Just let this heart of mine show you
It only beats for you
Yes it only beats for you
It only beats for you
This love, this heart
These arms, they’re only for you
This love, this heart
These arms, they’re only for you
They’re only for you.
Ce fût un tonnerre d’applaudissement qui accueillit la fin de la chanson, et
tendrement enlacés ils rejoignirent leur place.
Au cours du repas, le couple avait décidé de laisser circuler un micro, pour qui
voulait faire un commentaire ou poser une question, ils s’en voulaient un peu
d’avoir caché leur relation si longtemps à leurs amis. Cette décision, bien
qu’allant à l’encontre de leur pudeur naturelle, était une sorte de cadeau à
leurs invité, assouvir une partie de leur curiosité.
Contre toute attente, ce ne fût pas Harriet qui ouvrit le bal des questions,
mais Grams, la grand-mère d’Harm, Sarah Rabb Ière du nom.
Grams Sarah, la chanson que tu viens de chanter, j’ai sentit qu’il y avait
quelque chose là-dessous, est-ce que tu peux nous le dire ?
Mac Oui, mais je préfère que Harm le dise.
H En fait, j’ai chanté cette chanson la première fois que je me suis aperçu que
j’étais en train de tomber amoureux. Et je ne me suis pas rendue compte qu’elle
était dans la pièce, et qu’elle m’écoutait jouer. C’est après ça qu’on a
commencé à nous fréquenter en étant plus que des amis.
Grams En fait, tu t’es déclaré avec une chanson.
Mac Oui, on a tendance à s’exprimer tout les deux par des chansons, lui me les
chante, et moi je lui glisse discrètement dans le lecteur de sa voiture.
Tr Et toi comment tu as répondu ? Je veux dire avec une chanson ?
Mac Non, pas vraiment.
FLASHBACK
Harm et Mac travaillent tard dans la bibliothèque du JAG sur un cas difficile.
Malgré le récent changement de statut dans leurs relations personnelles, Sarah
n’a toujours pas pu avouer à Harm ses sentiments envers lui.
H Sarah, je vais chercher un livre, je reviens.
Mac, l’esprit plongé dans sa lecture Hum, hum.
Après quelques instants, Mac se lève, la tête toujours plongée dans son dossier
et se rapproche de la rangée où se trouve Harm, pour lui poser une question.
Elle le trouve chantonnant une chanson et se trémoussant sur l’escabeau.
Les yeux baby !
Quand j’étais petit je n’étais pas grand
Je montrais mon poireau à tous les passants
Ma mère me disait « veux-tu les cacher ? »
Je lui répondais « veux-tu me lécher ? »
Quand j’étais petit
Quand j’étais petit
Quand j’étais petit
Quand j’étais petit
Oui !!!
Quand j’étais petit je n’étais qu’un chiant
Je faisais chier le monde avec ma guitare
Ma mère me disait d’aller à l’école
Je lui répondais « Ta gueule ! J’fais du rock’n’roll !!! »
Ta gueule ! J’fais du rock’n’roll !!!
Quand j’étais petit
Quand j’étais petit
Quand j’étais petit
A vous !!!
A ce moment précis, Harm sauta de l’escabeau et atterrit au pied d’une Sarah
hilare, se tenant les côtes, les yeux pleins de larmes.
Mac O seigneur, comme je t’aime Harm.
N’en pouvant plus, elle s’assit au sol pour mieux rigoler. Harm qu’en a lui,
resta figé aux mots de Sarah.
H C’est vrai ?
Mac, essayant de reprendre son calme Quoi ?
H C’est vrai ce que tu viens de dire ? Tu m’aimes ?
Mac réalise enfin ce qu’elle a laissé échapper, et reprend tout son sérieux. Oui
Harm, je t’aime, et bien plus que tu ne peux l’imaginer.
H Ca veux dire qu’on s’aime tout les deux et en même temps.
Mac Je crois bien oui.
H Alors nous sommes un couple qui s’aime.
Le baiser qui s’ensuivit fût passionné, et seul le manque d’air les fît
l’interrompre. Quelques secondes plus tard, un raclement de chaise dans la
bibliothèque les ramena a la réalité et au lieu où ils se trouvaient.
FIN DU FLASHBACK
L’arrivée des desserts ne coupa pas l’arrivée croissante des questions, qui
parfois évoquaient des situations cocasses.
Hr Pendant tout ce temps, vous n’avez jamais failli vous faire prendre ?
H La bonne question serait combien de fois et par qui avons-nous failli nous
faire prendre, Harriet ?
Mac J’en ai perdu le compte, je me suis arrêté de compter rapidement. Vous avez
failli nous prendre la main dans le sac une bonne vingtaine de fois rien que
vous toute seule, Harriet. Sinon à peu près tout le personnel du JAG a failli
nous surprendre dans une position compromettante au moins une fois.
H Mais le pire c’est qu’on sait fait bel et bien prendre par l’amiral dans la
salle des archives, heureusement qu’il était déjà au courant, sans quoi c’était
la cours martiale directe.
Ch Faut dire que vous voir allonger sur une table, votre main, commander, dans
sa blouse d’uniforme, est particulièrement évocateur de ce vous aviez
l’intention de faire.
H Bah, le savon qu’on s’est pris nous a sacrément refroidis. On a fait super
gaffe après. On était même froid l’un envers l’autre au boulot.
Hr Attendez, vous dites que lorsque vous étiez en froid, c’est parce qu’on avait
failli vous surprendre, et que vous aviez du mal à cacher vos sentiments devant
nous. Ah bah, si on n’avait su, on se serait moins inquiétés pour vous.
Mac et Harm trouvèrent soudainement un intérêt grandissant pour le contenu de
leurs assiettes. Mais une autre question les empêcha de plonger dans la
culpabilité.
Bud Monsieur, Mac a laissé échappé il y a quelques temps déjà qu’elle portait un
tatouage, l’avez-vous trouvé, et quel est-il ?
Mac Bud, c’est une information classée, et si Harm y répond, il passera la nuit
seul ce soir.
H Bud, je sais à présent ce que c’est, et sa position exacte, mais vous l’avez
entendu ? Information classée. La seule chose que je peux vous dire, c’est que
les propositions des paris sont toutes fausses.
Mac Attendez. Je n’y crois pas là ! Vous avez fait des paris sur mon tatouage !
Et je peux avoir quelques exemples de propositions.
H Moi, j’avais parié une tête de Bulldog sur la fesse.
Mac, éclata de rire Tu n’étais pas trop loin du compte.
H Je sais, le pire c’est que depuis le temps, je n’ai pas pensé à faire changer
mon pari.
Ch Moi j’avais pensé à un dinosaure, un T-rex. Et je dois dire que c’était aussi
sur la fesse.
Mac Vous aussi amiral vous avez parié sur moi ? Et bien… C’est raté, ce n’est
pas ça non plus. Et messieurs, pourquoi mes fesses ?
H Mon cœur, les maillots de bain que tu porte en général ne couvrent pas
grand-chose. Et la seule partie qui n’était pas à découvert et susceptible de
porter un tatouage, c’était sous le maillot. Mais on avait tous tord, que ce
soit pour le lieu et la représentation.
Mac Je vois la logique du raisonnement, mais pour conclure, reprenez-vos billes
messieurs, seul Harm saura où il se trouve, et je saurai m’arranger pour qu’il
ne divulgue rien.
Suite => Partie 2
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